Agora Fidelio + Sibyl Vane 

 

 

 

 

 

Les 14 et 15 mai dernier se tenait sur la seine le festival Jerkov, péniche du Batofar. Pour la première salve les parisiens auront eu le plaisir d’accueillir Leiden et Manimal, et ainsi voir mis en scène « Succube », deuxième album de ces derniers.

Revue de la deuxième soirée, mettant aux prises Agora Fidelio, Sibyl Vane et To the vanishing point…. Incomplète, faute d’avoir pu assister à la prestation de TTVP.

A l’embarquement sur le Batofar, le show bat déjà son plein. Les musiciens de Sibyl Vane tiennent en haleine le public avec la montée en puissance d’un morceau de calibre post rock, certainement issu du premier EP « Prêt-à-porter ». La pression retombée j’aurai toutefois, l’espace de quelques morceaux, du mal à accrocher sur les passages plus calmes et lents. Et ce  malgré une implication évidente des musiciens. Mais après ces instants de flottement l’adrénaline remontera, pour nous tenir jusqu’à la fin du set, et nous gratifier de quelques déchainements hypnotiques.

On le mesurera vite par ailleurs, les prestations du groupe méritent le détour, ne serait-ce que pour l’étrangeté et le romantisme désuet du tableau scénique. Les performances d’une actrice de muet, membre à part entière du show, donnent au Batofar des allures de vieux théâtre : les gestes calqués sur la musique elle se poudre et se grime le visage de rouge, entraîne dans sa danse et embrasse le bassiste, qui finalement lui refourgue son masque. Le set s’achèvera sur le morceau « No reason », qui scelle également l’album « Paradoxes ».

Place à Agora. Leur dernière venue dans la capitale remontait à la tournée d’hiver 2005. Parmi elles, la date de la Péniche Alternat aura marqué les esprits. Le groupe possède en effet cette capacité particulière à vous remuer et vous plonger dans un état second dont les effets perdurent à la sortie de la salle.

Ce festival est notamment l’occasion de présenter leur nouveau disque 4 titres intitulé « Finir à Paris ». Milka s’excusera pour les parisiens et les parisiennes, mais Paris, «ça n’évoque pas que des bonnes choses pour nous», commente-t-il.

La scène parsemée de bougies discrètes, la présentation commence de belle manière avec un inédit nommé « De la non-nécessité du courage » : on entrevoit le grand morceau…

Mais le concert démarre sous les auspices de l’incident technique. Pim dessaisi de sa grosse caisse, le set ne reprendra qu’après la reconstitution d’une batterie faite de bric et de broc. A croire que Paris ne leur porte pas chance : c’est en effet ici que les premiers problèmes techniques de cette tournée auront élu domicile, soulignera plus tard un Milka à demi pince sans rire.

Agora enchaîne sur un autre inédit, « Une époque formidable », destiné pour sa part à ne figurer que sur le prochain album, puis sur « 10h17 ». Version remarquable de ce dernier, toujours très fort sur scène. Montée en charge sur une fin livrée à l’impro et mâtinée de métal où chaque instrument, hurlements de Milka à l’appui, embrase les mèches des notes.

La soirée métal de la veille aura accueilli un public plus dense, mais celui de ce soir compte, de toute évidence, de véritables amateurs du groupe.

Après le titre « Finir à Paris », passage aux deux seuls morceaux de l’album « Altitude Zéro » figurant dans la set list. L’interprétation d’« Altitude zéro », désignant notamment « le niveau de l’eau »,  se prêtait bien à la circonstance ce soir. Mais avec ce titre, le groupe est surtout allé toucher les étoiles... S’ensuit « Si tu savais comme », joué sur le fil du rasoir. Intensité de la voix sur la fin du morceau, scandant à l’infini et jusqu’à s’égratigner les dernières paroles (« mon seul ami »).

Après nous avoir asséné les déluges sonores de la deuxième partie du titre, et un autre inédit, Agora quitte la scène, s’enfonce dans la nuit et les lumières se rallument. Le public, incrédule, compte sur un rappel…. Qui ne vint pas faute de temps.

 

 

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