Et oui. Cette fois, c’est sûr, les nostalgiques des nineties vont pouvoir ressortir du placard leurs chemises à carreaux, leurs jeans ajourés et leur flacon de décolorant pour cheveux, le grunge est bel et bien de retour…

La preuve ? Ce concert d’Anadyomène [www.myspace.com/anadyomen], le 9 mars dernier au Saphir 21, dont la cave voûtée a abrité une décharge sonique offerte de bon cœur par trois agités chauffés à blanc. Hymnes punkoïdes, riffs lourds ou tempos survoltés, mélodies tour à tour spasmodiques, déchirantes ou aigres-douces, lyrics désabusés et maladifs, jeu de scène épileptique, tout ce qui fit le panache du grunge est présent dans le maelström sonore d’Anadyomène. A un détail près (qui d’ailleurs n’en est pas un) : le chanteur du power trio, Alex, s’exprime uniquement - ou presque - en français. L’exercice est, on le sait, périlleux. Mais, là encore, le vocaliste - que l’on sent également poète - tire adroitement son épingle du jeu, en distillant des textes finement ciselés et délicieusement âpres. Un sans faute, donc, pour ce set aux allures de court-jus auditif et émotionnel.

Ce concert d’Anadyomène aura prouvé à ceux qui en doutaient qu’il était possible de réconcilier urgence, intelligence, énergie vitale et rock made in France. Merci.

So. Noël 

 

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