La Scène Bastille était incontestablement le lieu où il fallait se trouver ce samedi 1er Avril pour écouter du rock, et du bon. Date indubitablement idéale pour se trouver comme un poisson dans l'eau dans cette petite salle chaleureuse, les oreilles emplies de riffs ravageurs.

 

La soirée s'ouvre sur une première partie hautement énergisante avec le son résolu et galvanisant de Vertigo Quartet. Nom jazzy trompeur, pour une inspiration pop anglaise visible à l'œil nu. Bonnet noir de rigueur pour le bassiste, coupe au bol pour le chanteur/guitariste, son rageur et pogos désordonnés dès l'attaque. Plus en retrait, la claviériste et le batteur ne sont pourtant pas en reste pour ce qui est de l'énergie. Si la communication avec le public, encore clairsemé en ce début de soirée, n'est pas au top, on ne peut s'empêcher d'hocher la tête en rythme sur les morceaux, incontestablement rock 'n roll. Peu de paroles, pour la plupart incompréhensibles (problèmes de balances ou flou artistique volontaire ?). Et compos qui rappellent le bordel rythmique organisé des Franz Ferdinand. On se laisse gagner malgré tout, malgré le mutisme obstiné du groupe, ignorant presque superbement la salle… Dommage.

 

Temps de pause. Puis Angel Fall entre en scène. La salle est désormais pleine et une ovation marquée signale qu'une partie du public semble déjà acquise au groupe. La différence est palpable. Jules, le chanteur, sait motiver ses troupes. Et amorce le contact avec une "Petite Mort" chaude et enragée. Caché derrière ses dreads, le bassiste fait des bonds. La batterie fait péter les baffles et on s'envole en rythme.

 

La particularité notable des Anges tient tout particulièrement dans les différences d'ambiance entre chaque morceau. Comme de multiples tableaux dont on découvrirait peu à peu les couleurs. Parfois chaudes et violentes, d'autre fois plus rafraîchissantes, ironiques, plaquées à coups de pinceaux bien maîtrisés.

 

Le public monte en puissance. Angel Fall aussi. Partis tous ensembles pour un voyage trop court d'une petite heure de bonheur. Jules, le chanteur, irradie. Planté solidement sur ses deux pieds, face à nous, ce soir, "Le roi c'est lui". On y croit. La guitare rugit toujours plus fort. On en prend plein la tête et les oreilles, et on en redemande.

 

On découvre au passage quelques morceaux du maxi à venir. Dont le splendide "Réponds", beau à pleurer. Tant au niveau de l'interprétation virtuose que du texte, déchirant. "Biguine" enchanteresse pour un peu plus de légèreté, et un joli morceau de bonheur avec un drôle de morceau, annoncé tout de go comme "country". Ca suit, ça gueule, la guitare chante, et on balance en rythme.

 

Un rappel. Refus de les laisser filer aussi vite en nous laissant ainsi sur notre faim. Final en beauté. "Bang bang", touché, beau shoot ! Et "That"s all right mama". Oui, vraiment cela va bien. Un peu de chaleur dans le coeur, le temps que la musique cesse, sans qu'on ose y croire vraiment…

 

Encore bercé des refrains qui ne vous quittent pas ou plus, dodelinant de la tête, fredonnant, on s'en va par les rues de Paris. Avec une envie simple : remettre ça au plus vite !

 

Lily

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