Y'a des poubelles partout, des metros qui vont à pied, des policiers qui font des manifs (6000 selon les profs)… et y'a aussi des trains qui refusent de m'amener voir des Antistaticiens toulousains ! Mais grâce au représentant charismatique du Kaophonic Crew de Bordeaux, E-zic peut être présent au festival Furia Antistatic troisième du nom.

Bon ok.. j'ai raté le 1er groupe du concert mais je suis arrivé !
J'enfile mon joli pass 2 jours (à mon non moins saillant poignet) et je perds quasiment immédiatement 4 litres de sueur. Car il faut le dire : la salle des fêtes de Ramonville fait aussi sona les 1er vendredi du mois… et là par chance y' a que des chevelus, des metalleux, des menthalos et des crèpes à 1 Euro !

Fatigué, incapable de respirer, gavé de crêpe au sucre, je vais me prendre la première claque : Lénine entre sur scène ! si si Lénine en costume 3 pièces (un tantinet embourgeoisé le bolchevik de mon enfance), il est suivi par des extra-terrestres (mon cruel manque de culture dans le domaine extra-solaire me fait rapidement supputer l'appartenance martienne des êtres hirsutes qui entrent les uns après les autres sur scène) (elle était drôlement longue cette parenthèse) (et drôlement inutile cette dernière là)(et on peut vite friser la mise en abyme si je continue). Je fais enfin connaissance avec Empalot (provenant du Sud Ouest de Mars selon les rumeurs dans la salle) – Le chef de la navette spatiale est aussi la voix d'un grand monstre japonais* .
On va essayer de parler de musique… car après tout ils ne font pas qu'arriver sur scène en tenue d'extra-terrestre, ils ne sont pas qu'accompagnés de Lénine, ils ne sont pas qu'adepte d'un karaoké à 2 lettres, ils ne sont pas que les adorateurs d'une curieuse divinité (qui viendra évidemment sur scène), gentiment prénommé "Chounia"… Non ! Ils font aussi de la musique ! Et ils le font putain de bien les coquinoux. Quand on dit que leur musique navigue entre du M.Bungle et du Fantômas, vous comprendrez aisément que ces gens semblent fan du tout aussi barge BoGoss, Mike Patton. Il sort de toute cela une musique originale, déstructurée, désaxée… ah pi au fait, ils ont aussi un saxophoniste sociopathe (qui parfois joue de son instrument). Brefun groupe aussi cohérent que si je disais que les oranges bretonnes sont aussi bleu que le soleil ! (et paf!).
Après un rappel démasqué des musiciens d'Empalot, on se dirige tous massivement vers un truc qui ressemble le plus possible à un liquide anti-soif (après dans le choix du liquide, y'a plusieurs écoles). Tout le monde rigole encore de la prestation sub-éthérée des landais et l'unanimité est faite concernant le fait qu'il va falloir être costaud pour passer après Empalot !

* Gojira : je me sentais obligé de le préciser. Sûrement parce que je ne suis pas naturellement clair.

Ben manque de bol, ça sera une tâche trop insurmontable pour les Delicatessen. Comme quoi on peut avoir un chouette nom de groupe et ne pas avoir ce petit truc qui rend qu'un groupe peut être au moins supportable en concert. Le chanteur qui semble sorti des Garçons Boucher a certes une voix plus que correcte mais jamais il n'arrivera à en sortir quelque chose de spécial. Le public ne réagit que grâce à un contingent de fan limité… c'est pas grave je vais me goinfrer de crêpes !

Il est très tard lorsque la tête d'affiche de la soirée entre sur scène (et cette petite info se révèlera être très importante d'ici quelques lignes)(j'aime bien faire mon mystérieux)(surtout entre parenthèse… ça fait plus complice)(pour toi lecteur…).
Bref ! Les Psykups entrent sur scène après une petite musique d'intro qui envoie tout le monde dans l'ambiance de leur monde schizo où l'Autruche serait… rho pi je vais arrêter cette phrase là, je vais partir dans l'étude animal et tout le monde s'en fout ! Pi ça m'arrange j'ai pas de chute à cette phrase.
Psykup est grand ! Psykup est fort ! Psykup est Tarzan ! Si vous avez déjà lu la chronique de l'album (vous mes fans) vous savez combien je suis groupie de la musique des toulousains… ben en live c'est pareil mais pire (mes hommages soeurettes). La plus grosse qualité du groupe c'est d'arriver à restituer sur scène les ambiances de l'album : les claviers oppressants (malsain?), les rythmiques syncopées, saccadées, torturées et les deux lignes de chant parfaitement complémentaire laissent l'assistance totalement abruti devant cette apparente facilité (j'entend déjà des gens me dirent "meuh stoi abruti" ; certe… mais vous aviez l'air abruti vous aussi) (naméoh!).
L'autruche, et ses 14 minutes, va être exécuter d'entrée et avec une perfection insolente ! Les musiciens de Psykup ne sont pas autant maquillé et extraterrifié qu'Empalot mais ils ont L'Argument qui rend Psykup plus glamour que la plus glamour de tes voisines : Mélanie LA bassiste de la genèse ! Une bassiste qui tout comme moi a failli ne pas être là, bloquée par la SNCF à Bordeaux et sauver par un Milka chevalier blanc (et accessoirement chanteur de Psykup) qui a fait son petit aller-retour dans la journée… Ne pas la voir aurait été dommage en tout cas. Cette même Mélanie qui a retenu la leçon de la dernière fois… ce concert à Bercy avec son syndicat de rockeuse (Mélanie étant l'ancienne bassiste d'X-Syndicate) où je lui avais promis que j'irais chercher son bikini sur scène… ok le service d'ordre de Biohazard la sauvée cette fois là… mais bon hein !
Après une bonne demi-heure survient la catastrophe diplomatique (dramatisation ici placée pour susciter l'effroi chez le lecteur totalement interloqué par la trame de mon récit). Après les invectives d'un responsable de la salle, Milka, totalement navré, nous apprend que c'est déjà le dernier morceau ! le rallongement accordé à Empalot, début de concert à la bourre ou tout simplement mauvais timing… quoiqu'il en soit on se retrouve amputé de la meilleure partie de la soirée… il reste des crêpes ?
Les psykup bravent les consignes pour les deux minutes du punk. Ils vont en effet remonter rapidos sur scène, nous faire une reprise de Nirvana/Offspring et pi s'en va…

Allez hop, un petit tour au château du poil et du croissant beurré pour se reposer et "dormir" et on attaque la seconde journée !

La Seconde journée est placée sous la bannière de l'electro & affilié. La foule est moins dense ce soir. A cela plusieurs raisons : la finale d'un sport sacré dans cette ville (celui avec un ballon qui pourrait être une mangue… mais pas du tout en fait) se déroule ce soir. Sans oublier qu'à une centaine de kilomètre, on pouvait assister en même temps à un autre festival avec à l'affiche des groupes comme Lofo, Watcha & Ezekiel… Mais bon on s'en fout ceux qui sont là ont fait leur choix !

La soirée commence très doucement avec Mary Slut et son pop rock teinté de sonorité ethnique. La musique manque de caractère, ils sont loin d'être chiant mais ils ne font chavirer personne… rhooo Ils ont refait des crêpes durant la nuit !

Le prochain groupe à s'y coller sur scène sera Lab, le petit groupe de Dub qui monte tranquillement et surement dans l'ombre d'Ezekiel. Ca va être un moment très agréable musicalement dans cette soirée, mais pour moi (et je n'engage que moi, et c'est dja pas mal) le Dub étant plus une musique de salon (voir mieux , de chambre !) que de live, je vais profiter du set de Lab pour me balader parmi les nombreux stands d'assoc & collectif qui sont représentés durant ce festival. Au son vraiment bien foutu de ce dub électrisant, je circule donc (en jetant de temps en temps un regard sur la scène) parmi les stands d'entreshock (fedup est dans la place!), Antistatic, des différents groupes, d'un luthier de la région et le stand Taenia. Je vais même me retrouver derrière le stand de ce dernier, remplaçant sa responsable parti headbanguer sur du dub ! Les fans sont aux anges, les autres découvrent, moi je prend l'air sérieux du mec important, ami des stars, qui n'est pas n'importe qui… ça n'impressionne pas Bactérie de Metalorgie (qui est beau!) .

Les ariégeois de Sidilarsen est le dernier groupe à monter sur scène pour ces deux jours. La seconde tête d'affiche de ce festival, avec un chanteur bondissant à jupe, arrive avec pour bagage son excellent album qui ne cesse de remporter un vif succès parmi les mass hystériques…ben vi… on y est en plein dedans ! Si on devait trouver un défaut aux sidi c'est que cette ligne de démarcation avec les Mass Hysteria est vraiment menu par moment. Mais à la différence des grandes stars de la scène énervée française, les sidi n'ont pas encore trouvé le truc qui envoi tout le monde dans le pit. Les morceaux sont calibrés pour le live, ça se voit et s'entend… manque plus qu'à incorporer le petit grain de folie qui changera forcement tout. Ceci dit lorsque les loops sont lancés et les accords plaqués ont arrête vite fait de s'amuser au petit jeu des comparaisons avec le "Grand Frère" du Nord : j'ai réellement beaucoup aimé ! Aussi à l'aise dans les ambiances trance, dancefloor, ragga ou tout simplement metal, les deux voix du combo se complétent à merveille. Je m'amuse tellement que j'oublie de manger ma "crêpe par heure".

Le concert s'achève, la scène est investi par les techniciens qui démontent le tout, les travées et les stands se peuplent des différents musiciens qui discutent à gauche, signent de l'autographe à droite (croyez moi ou pas… mais personne ne m'aura rien demandé durant ces deux jours – j'ai même pas eu un "haaaaaan je vous ai adoré dans votre dernier film" – vraiment désolant). Et pendant tout ça, on a droit à une mini-after assurée par Heretic from Paris, DJ tek Hardcore qui achève les derniers irréductibles. Il est d'ailleurs plaisant de voir à quel point la "scène metal" s'est ouverte sur l'extérieur ; y'a quelques années, j'aurais pas cru possible de voir un chevalu avec un t-shirt Sepultura headbanguer sur dla hard tek (ou sur dla dub) ! Pourvu que ça dure !

Ben voilà c'est fini… un bien beau festival avec les deux têtes d'affiches loin d'être décevant, des groupes surprises, des rencontres & discussions agréables, des martiens, des Bactérie(s), des Taenia, des Fedup, des Bretons, des 4CV et des crêpes à 1 euro !

Avant d'attaquer en justice la SNCF… on passe au château qui nous héberge…
Et une after
À base de clawfinger
Tant pis si on a mis 7 heures
Pour rentrer dans notre repaire
(rime pauvre et jvous emmerde)


PS : merci à la Mairie de Ramonville qui nous a donné le N° du Bikini.
PS' : merci au Bikini qui nous a donné le N° du local Antistatic.
PS'' : merci aux Antistatics de nous avoir donner le N°d'autres Antistatics (et accessoirement d'avoir organiser tout ça)
PS''' : Et putain de merci à Kaophonic qui nous a amené de Bordeaux à Toulouse sans avoir contrôler les billets de train !

Review : Moustic

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