Ah, du grindcore. Pis en plus à côté de chez moi. ouais.
Je speede (...tu speedes, nous speedons), dans les rues de ma belle banlieue du 77 - d'ailleurs les groupes que je vais voir jouer ce soir sont tous issus de la scéne metal parisienne dans ce qu'elle a de plus dur, ratant mon train taggué à mort de peu. Bon.
Je trace (...tu traces, nous traçons), donc, le long de la voie ferrée et au bout de 20 minutes (je sais ça représente 2 bornes mais je suis une sorte d'athlète peu commune et recherchée) je déboule près des murs de la MJC de pontault, accueilli par un beuglement du chanteur de Soldableurkthal.
A l'intérieur, un public jeune et averti (du bouchon à oreilles à tout va) occupe la salle, les regards rivés sur la scène où le groupe de grind livre un set sonique et rapide. Tempo Trois cent et moyenne de deux minutes par morceaux, la bonne humeur et les blagues de zicos entre chaque. Je me retrouve collé au mur de toute façon parce qu'il y a pas de place pour aller ailleurs et parce que n'importe quel athlète ayant les oreilles arrachées après un effort ferait de même.
Soldableurkthal laisse donc la place à inathred (brutal deathcore), et à la lumiére, je vois les tentures noires avec les emblèmes des groupes, les ingés son qui s'activent, Christophe le tôlier de la MJC qui inspecte les cables électriques, un public avec des t-shirts qui flinguent, un bar qui vend de la bière.
Une binouze et le show continue, avec la puissance un peu plus posée de Inathred. Les morceaux sont bien équilibrés dans la partition brutalrapide/lentmaisfaismalquandmême. Le son est putain bien de réglé par les ingés son du collectif (lecommando.com), et chose rare pour une salle au plafond aussi bas, y a du SLAM. Le public réagit plutôt bien, les marées humaines menaçant d'emporter votre fidèle serviteur plus d'une fois dans les baffles. Je retiendrai 2 choses : le batteur qui a réussi à désolidariser tous les éléments de sa batterie en tapant comme un bûcheron et le gratteux à la touffe énorme...
Rebière et la lumière revient pour que les membres de Fate prennent la place. Le Dj capte toute mon attention, alors que je m'interroge sur son rôle possible au travers d'un mur hirsute de guitares sursaturées...Dès le premier morceau, la sauce prend aux tripes, du scratch et du riff emmêlés : la machine Fate dévaste tout. Le groupe dégage une énergie primale et le plaisir qu'ils ont à jouer leur set est évident. Leur musique, teintée de beats électros et d'autres effets itshyetScratchiques, regorge d'impasses et de ruelles sordides, des images brutales et des envolées. Le chanteur/bassiste gueule avec son cœur et ses tripes là où cela semble quasi impossible : le sentiment passe au travers de ses hurlements, avec comme seule modulation le grave des ses cordes vocales.
Je termine le concert un peu vidé de ma rage naturelle, en buvant un pot avec Christophe qui me promet la même chose en février, au même endroit avec Sin. Merci vieux.

Pablo

© - E-zic.com v3 : 2000-2022 - © Tous droits réservés - Reproduction Interdite - Hébergement OVH