Review : Nikolina
Photos : phiL

Mardi 1er mai. On fête dignement le Travail en ne foutant pas grand chose, mais par bonheur, il y en a qui bossent. Comme Munshy et les Flying Pooh...

C'est au Trabendo qu'on les retrouve, fameuse salle chaleureuse et spécialement conçue pour que même nous les gnomes, on puisse tout voir de n'importe où.



Devant un public plutôt dense et éclectique -du fashion, du métalleux, du jeune cadre et même de rares quinquas fringants ... !- la fameuse première partie - Munshy - arrive donc, en toute simplicité : la dégaine à l’aise, le sourire et la bonne humeur. Faustine, la chanteuse, arrive, l’air d’une Emilie Simon de bonne famille limite belle fille idéale, mais malgré les apprences, elle a du coffre, cette demoiselle ! La fosse se remplit et le show commence. Et là, Faustine montre de quoi elle est capable : en fait, cette nana est une bête qui se révèle sur scène, avec sa voix qui peut passer d’une douceur aérienne à un truc de fou qui vient du fond des tripes.



Titres variés s’enchaînent, tantôt trash, tantôt quasi trip hop. Le jeu de scène est assumé à fond par des musiciens qui trippent chacun à leur façon, avec au final, un groupe qui s’éclate. On se surprend même à être étonnés des sons que ces malades arrivent parfois à produire, genre pédales probablement transgéniques et tripotage chelou de basse à effet chimique à souhait. En bref : une belle palette de sonorités.



Côté pratique, le groupe est français, donc évidemment, pour communiquer avec leurs fans headbangers c‘était plutôt facile et ils ne s’en sont pas privés. Je ne pensais pas dire qu’avec une telle énergie, tel concert pourrait être aussi posé niveau ambiance. On était presque chez mamie, quoi (la pêche en plus, évidemment !), sauf qu’on appelle rarement sa mamie « Maîtressssssssssssse ! », eh oui, la fosse tenait une sacrée forme, avec ce week-end prolongé.

[l'encart de Stedim : Hum, si je peux me permettre, Munshy, c'est vraiment une de mes plus fortes rencontres de ces dernières années ! Une énergie pure, exaltée, salvatrice et furieusement communicante !! Alors, ajoutez à ça, M'sieurs, Dames, que ce groupe délivre, en plus, une musique originale et impactante entre trip hop organique et hardcore - un grand écart qui donne le tourni - et vous avez vraiment une bombe artistique de plusieurs mégatonnes !!]



Vient le tour des Flying Pooh !



Premier contact fort sympathique : des jeunes gens à la dégaine surréaliste : c’était Monsieur le DRH au pays de Fonzy ! Costard, cravate cutomisée et veste en cuir. Le total look de winner, en somme. Et à côté, niveau convivialité, on est gratifiés de moult vannes entre les chansons. C’était très fun, genre néo Club Dorothée qui aurait pris un truc pas catholique. Et ça papote, et ça provoque, et en plus c’est marrant. Les choses sérieuses commencent, les pogos se multiplient.



Le plus impressionnant dans tout ça, c’est le décalage entre le son clean en studio et la folie live. On se retrouve avec des sonorités parfois limite folklo, funky, guinguette-film-d’horreur ('Des Bleus Dans les Yeux', un texte à mourir de rire, repris en coeur par tout le public, vers la fin du concert) mais avant tout puissant, avec une mention spéciale pour le titre 'Be Fat', qui a eu le mérite de mettre l’audience dans un état pas possible, à savoir pogos, jumping et même une belle chenille (oui oui, celle où tu mets tes deux pieds en canard, tout ça). Si c’était pas vraiment une teu-boi, ça y ressemblait !



Les Flying Pooh ont donc fait un concert digne de ce nom, déjanté au possible, énergique et coloré. Les lumières ont beaucoup joué dans la dynamique des deux prestations, applause aux éclairagistes -parce que ça fait plais’- c’était de toute beauté, Jean-Michou Jarre peut aller se rhabiller !



Et en cadeau bonus : de la « chorégraphie » en veux-tu en voilà. Citons seulement Nox, le claviériste façon « classe eighties » qui assurait des déhanchés à faire pâlir Hugh Grant -ça, c’était le petit clin d’oeil à mes camarades femelles, ça fait pas d’mal ! Et Satanus (ouh que c’est mignon) le chanteur, a bien du perdre trois litres avec son costume et plus d’une heure passée à sauter partout comme une bête en furie. Ben oui, il faisait ultra chaud quand même, et ce n’est pas avec leurs titres déchaînés que ça s’est arrangé dans la fosse.



Tu es un rat ou tu es trop anticonformiste et rebelle pour fréquenter une salle de sport ? Qu’à cela n’tienne, vas voir Munshy et les Flying Pooh, le résultat sera le même, et en plus tu vas t’amuser !

[l'encart de Stedim : Yep again, alors les Flying Pooh, c'est Faith No More remis au goût du jour ! Gros talent, gros son, belle auto-dérision, belle énergie, belles compos alambiquées ! Flying Pooh, tu en as forcément déjà entendu parlé - big buzz - Il faut vraiment maintenant que tu les suives !]


photos © phiL


































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